Mobilisations

CHARENTE LIBRE 14-03-2012

 

Rentrée 2012: la colère syndicale


Les syndicats charentais dénoncent «une carte scolaire catastrophique». Ils appellent à la mobilisation le 27 mars.

"C'est la carte scolaire la plus catastrophique que l'on ait connue.» Secrétaire départemental de la FSU, Jean-Paul Pochard égrène la perte des postes dans le premier degré ces dernières années: «moins 28 en 2012, 21 en 2011, 16 en 2010, 12 en 2009», en criant à la révolte. Parce que le premier degré n'est pas le seul touché. Les collèges et lycées ne sont pas mieux lotis si l'on en croit les représentants syndicaux, réunis hier soir à Angoulême. La réplique sera donc collective. Une journée de mobilisation est prévue le 27 mars, jour de l'officialisation de la carte scolaire, à l'issue du Comité départemental de l'Éducation nationale (CDEN), (lire CL d'hier).
Suspension de la grève à La Couronne
 
Cela n'empêche pas des mouvements ponctuels. Les personnels du collège de La Couronne, qui dénoncent depuis lundi le manque de moyens, ont suspendu leur grève hier soir en attendant les propositions de l'inspecteur d'académie. Mais difficile de présager de l'avenir. La Couronne fait partie des trois collèges avec Châteauneuf et Mendès-France à Soyaux où le nombre d'élèves moyen par classe devrait dépasser 27 à la prochaine rentrée. «Plus de 29 en sixième à Mendès-France. Trois classes de sixième de 30 élèves à Segonzac», précise Alain Héraud, le secrétaire départemental du Snes-FSU en revenant sur les chiffres prévisionnels. «13.095 collégiens en 2012, c'est 30 de plus que l'an dernier et 450 heures en moins, soit 22 postes en équivalent temps plein. On a occulté le dialogue social.»
Le tableau est aussi noir dans les lycées où 25 élèves supplémentaires (soit 6.030 lycéens) sont attendus en septembre. «Cela se traduit par 423 heures d'enseignement en moins. On va assister à une augmentation vertigineuse des effectifs. à Angoulême, on aura des classes de seconde à 35, des premières et terminales à 37. à Charles-Coulomb, pour 67 élèves en plus, on perd 50 heures», s'insurge Franck Berry (Snes-FSU). Même constat à Marguerite-de-Valois - «23 élèves en plus et 130 heures en moins» - où un rassemblement des enseignants vêtus de noir est prévu demain à 17 heures.
D'autres rassemblements sont programmés tous les soirs depuis hier devant l'inspection académique. Personne ne semble épargné. Les lycées professionnels devraient connaître une véritable hémorragie à la rentrée: 2 939 élèves contre 3 142 en 2011. La faute à la réforme du bac pro, estiment les syndicats.
L'accueil des moins de 3 ans n'a jamais été aussi faible. «On est passé de 40 % il y a dix ans à 7 % pour la rentrée 2012», accuse Michèle Cousin, secrétaire départementale de la FCPE. L'aide aux enfants en difficulté est remise en cause avec la suppression d'une dizaine de postes de Rased (1).
Le centre de découverte d'Aubeterre et la Maison de l'enfant de Saint-Fraigne perdent leur directeur. Les postes de conseiller pédagogique en charge du cinéma et d'animateur éduc-Image au Centre départemental de documentation pédagogique sont sacrifiés. «Une aberration alors que la Charente est le deuxième département producteur d'images en France», s'indigne Julien Peyraut, secrétaire départemental du SnuiPP. Entre colère et révolte, comme ses collègues.


(1) Rased: réseau d'aides spécialisées aux enfants en difficulté
 

 

 

CHARENTE LIBRE 12-03-2012

Les parents d'élèves bloquent l'école de Rivières
 
Ce matin, une trentaine de parents ont interdit symboliquement l'accès aux cours aux instituteurs de Rivières. Un blocage symbolique qui s'est traduit par un sit-in des enfants dans la cour, un petit déjeuner improvisé et des banderoles autour de l'école. Les parents d'élèves s'insurgent contre la fermeture annoncée d'une classe à la prochaine rentrée. L'école passerait de 7 à 6 classes, en perdant deux élèves. 164 contre 166 aujourd'hui, dont 10 "moins de trois ans" qui ne seraient pas pris en compte par l'administration.

 

 

CHARENTE LIBRE 12-03-2012

La grève continue demain au collège de La Couronne

Entre 90 et 95% des enseignants du collège de La Couronne sont en grève depuis ce matin, jour de la reprise des cours après deux semaines de vacances d'hiver. En assemblée générale, en début d'après-midi, les enseignants de tous les syndicats représentés ont décidé de poursuivre le mouvement demain, mardi. "On veut instaurer un rapport de force", explique Anne Matrat, documentaliste et membre du SNES.
Il s'agira également d'engager le dialogue avec les parents d'élèves devant les portes du collège pour leur expliquer plus en détail les raisons de leur grève.

Les enseignants manifestent contre le nombre trop important d'élèves dans les classes. Ils seraient en effet 30 en moyenne à La Couronne quand la moyenne départementale est de 25 élèves. Impossible dans ces conditions de travailler dans de bonnees conditions, selon les enseignants qui réclament plus de dotations horaires ainsi que l'ouverture de nouvelles classes à la rentrée. Cette année, le collège de La Couronne compte 670 élèves (et 50 professeurs). Ils devraient être 691 à la rentrée prochaine, selon les prévisions.
Depuis ce matin, les élèves sont accueillis dans l'établissement mais les parents sont invités, s'ils le peuvent, à venir les rechercher.
Les enseignants ont déposé un préavis de grève pour toute la semaine.

 

 

SUD OUEST 29-2-2012
Fermeture de classes : des tensions à Rivières

Hier, les parents attendaient l'inspecteur d'académie et promettaient le blocage pour la rentrée.
Comme à Aigre, Soyaux ou ailleurs, l'école de Rivières est dans le collimateur des suppressions de postes. L'annonce récente de cette fermeture de classe dans l'école primaire de la commune voisine de La Rochefoucauld a provoqué un certain émoi chez les parents d'élèves. Réunis hier devant la mairie, et devant quelques banderoles au message clair, ils attendaient l'inspecteur d'académie qui avait convenu d'une rencontre.
« Notre école devrait compter 164 élèves à la rentrée, alors que le seuil est situé à 168 élèves. Le problème, c'est que les enfants de moins de 3 ans ne sont pas comptabilisés », déplorent les parents d'élèves.
Hier, la rencontre avec l'inspecteur a pu avoir lieu. Ce dernier a confirmé aux parents d'élèves qu'il proposerait une fermeture suspensive de la classe, le 27 mars, en CDEN (Conseil départemental de l'éducation nationale) et qu'il surveillerait l'évolution des inscriptions. Un comptage à la rentrée décidera du sort de la classe.
Les mots de l'inspecteur d'académie n'ont pas démotivé les parents : ils entendent bloquer l'école dès la rentrée du 12 mars. « Ces suppressions sont annoncées au compte-gouttes dans les communes, ce qui permet à l'inspection de négocier au coup par coup, en évitant une mobilisation générale », déplore Jean-Pierre Bellefaye, du collectif de défense des services publics. « Dès le 13 mars, nous appellerons à une mobilisation quotidienne devant l'inspection académique », confirme-t-il.

 

CHARENTE LIBRE 29-2-2012
Rivières: l'inspection reste sur ses positions


Près de cent personnes, écoliers, parents d'élèves et amis de l'école, étaient rassemblés hier devant la mairie de Rivières pour un goûter revendicatif lors de la venue de l'inspecteur d'académie. Ils s'opposent à la fermeture d'une classe à l'école primaire à la rentrée de septembre. Corinne Humeau, de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE), des militants du collectif Service Public 16 se sont joints aux manifestants.
Après une heure et demie d'entretien avec Michel Cuny, le maire, deux représentants des parents d'élèves, le délégué départemental, de l'éducation nationale et l'adjoint en chargede l'école, l'inspecteur est reparti sous les huées des parents. «L'inspecteur d'académie ne prendra toujours pas en compte les moins de 3 ans dans les effectifs. Il m'a seulement assuré qu'il allait suivre de près les inscriptions à l'école jusqu'à fin juin.
S'il n'y a pas d'évolution significative des effectifs,il maintiendra la fermeture prévue», a annoncé ensuite Michel Cuny aux parents rassemblés. Pas résolus à se laisser faire, ces derniers appellent à un blocus de l'école le lundi 12 mars jour de la rentrée. «Il faut se battre pour l'avenir de nos enfants et la survie de notre village», assurent-ils.


CHARENTE LIBRE 29-2-2012
Les parents défendent une classe à Villefagnan


La riposte s'organise contre la fermeture d'une classe à l'école publique à Villefagnan. Pour les parents d'élèves et les élus rassemblés lundi dans la salle des fêtes, c'est une nouvelle lutte qui démarre. L'an passé, il avait fallu attendre le comptage à la rentrée pour voir la cinquième classe sauvée et une institutrice nommée. L'école compte aujourd'hui 107 élèves alors que les prévisions étaient de 95 élèves. Il faut toujours 107 élèves pour que cette classe soit maintenue. L'effectif prévu à la rentrée prochaine est de 101 élèves, donc plus favorable que l'an passé. «On a su nous trouver pour accueillir 7 enfants de la maison d'enfance de Saint-Fraigne, rappellent les parents d'élèves. Nous espérons qu'on saura s'en rappeler en haut lieu.» L'effectif compte également une dizaine d'enfants du voyage, ce qui complique le travail des enseignants. La mobilisation des parents est visible. Des banderoles sont déjà préparées. La riposte s'organise. D'autant que les effectifs vont augmenter ces prochaines années. L'inspecteur d'académie serait attendu en tournée d'information vers le 13 mars à Villefagnan.

 


CHARENTE LIBRE 25-2-2012
Villefagnan: carnaval sur fond de grogne

 
Les parents d'élèves ont débuté la mobilisation contre la fermeture d'une classe.
L'annonce de la fermeture d'une classe à l'école publique de Villefagnan a choqué les élus, les enseignants, les parents d'élèves, réunis pour le carnaval des enfants. Lundi à 20h30, une réunion à l'initiative de ces derniers se tiendra à la salle des fêtes de Villefagnan. Ils attendent de la part des élus et de la population une totale mobilisation.
Cette réunion permettra de faire le point de situation et de décider des actions à mener. Pour Villefagnan et les communes rattachées au plan scolaire, c'est la lutte menée en 2011 pour sauver une classe qui recommence.

Les enfants ont maintenu malgré tout leur défilé du carnaval. Ils sont allés bruyamment porter l'annonce de cette fermeture de classe dans tout le bourg: à la maison de retraite, ils se sont arrêtés dans chaque carrefour, sur les places. C'est avec la fougue de leur jeunesse dont les cris ont réveillé jusqu'aux endormis, qu'ils ont ensuite brûlé avec hargne Monsieur Carnaval.

 

 

CHARENTE LIBRE 20-2-2012

Parents et enseignants mobilisent déjà


Même si les chiffres ne seront connus qu'en mars, parents et professeurs étaient déjà sur le Champ-de-Mars samedi.
Les syndicats d'enseignants et la FCPE étaient unis samedi matin pour informer les passants.


Nous voulons informer et sensibiliser dans le but de faire réagir la population.» Samedi matin, Jean-Michel Pluyaud, d'Unsa Education, était sur le Champ-de-Mars, à Angoulême, aux côtés de ses collègues des autres syndicats et de parents de la FCPE pour interpeller les passants à propos de nouvelles suppressions de postes de professeurs en Charente.
Tous avancent la disparition de 28 postes en primaire pour 2012. «Le chiffre exact ne sera annoncé qu'après les vacances, mais dès l'année dernière, on nous avait fait comprendre ce à quoi il faudrait s'attendre. Alors, c'est maintenant que nous voulons informer les gens», explique Jean-Michel Pluyaud, particulièrement inquiet pour l'avenir des Rased, ces maîtres spécialisés dans l'aide aux enfants en difficulté. «Ils ont déjà payé un lourd tribut à la RGPP [NDLR: Révision générale des politiques publiques] et on a peur qu'il n'en disparaisse encore: comment peut-on aider les élèves en difficulté à l'heure actuelle ?»

«Un peu partout depuis un mois»
Distribution de tracts, collage d'affichettes et exposition de coupures de presse faisant état des mêmes mobilisations à travers toute la France... Samedi, les syndicats ont préféré communiquer plutôt que manifester. «Les grandes grèves nationales ne marchent plus contre cette politique, décrit-on à Sud. Mais ces articles que les gens peuvent lire montrent qu'il se passe des choses un peu partout depuis un mois.»
Du côté des parents d'élèves, c'est la même inquiétude. «Nos enfants vont dans des classes surchargées et les suppressions touchent beaucoup le milieu rural, affirme Michèle Cousin, secrétaire générale départementale FCPE. Tout le monde est parent, ou grand-parent ou a au moins été à l'école. Donc, tout le monde doit se sentir concerné.»

 

 

CHARENTE LIBRE  25-02-2012

Ruffec: mobilisés pour Méningaud


Huit classes, 160 élèves. Demain, sept classes, et sans doute autant de gamins. «Et peut-être plus dans la mesure où tous les étés, on voit arriver une vingtaine de familles qui inscrivent leurs enfants», glisse Delphine Sennavoine, la directrice du groupe scolaire Edmond-Méningaud. à 180 enfants, l'école de Ruffec peut prétendre à sauver la classe que Jean-Marie Renault, l'inspecteur d'académie, entend fermer. Fermer et non mettre en suspens, en attendant l'incontournable comptage des enfants, le jour de la rentrée.

«Là, l'inspecteur d'académie parle carrément de supprimer le poste, et non d'un blocage, déplore Bernard Charbonneau, le maire et président de la communauté de communes CDC. Le blocage permet de sauver les meubles le jour de la rentrée, si le nombre d'élèves est suffisant pour maintenir la classe ouverte.» Devant un parterre fourni d'élus de la CDC, de représentants des parents d'élèves et des enseignants, Bernard Charbonneau a clairement appelé à la résistance. «L'inspecteur d'académie voulait supprimer un poste à la maternelle des Castors, on lui a dit que ce n'était pas possible du fait qu'on est en zone de revitalisation rurale. Il se retourne alors sur un poste de Méningaud.»
«C'est énervant, ajoute une enseignante, car Méningaud a déjà perdu des postes ces dernières années. Si on nous supprime celui-ci, on va se retrouver à 27 élèves par classe.» Bernard Charbonneau est d'autant plus en colère qu'en septembre dernier, le jour de l'inauguration de l'école, l'inspection d'académie était bien présente, son représentant saluant l'effort de la collectivité - 1,6 million d'euros - pour donner aux enfants un lieu de travail moderne, aéré, agréable. «On nous laisse faire et six mois après, on a la récompense: l'état supprime un poste.»
 
Lundi matin, l'inspecteur d'académie est convié à une réunion sur le sujet à la mairie de Ruffec.
Une classe de moins à Ruffec

 

 

CHARENTE LIBRE 21-2-2012

Une classe en moins à Ruffec


C'est le branle-bas de combat à Ruffec: hier, Jean-Marie Renault, l'inspecteur d'académie, a fait faire savoir à Bernard Charbonneau, le maire, qu'«au vu de la situation des effectifs du groupe scolaire Edmond-Méningaud à Ruffec, le retrait d'un poste d'instituteur ou de professeur des écoles est envisagé pour la rentrée de septembre 2012».
Le sang du maire de Ruffec, et président de la communauté de communes (CDC), n'a fait qu'un tour, et il convoque dans un courrier parti hier ses vice-présidents de CDC, les délégués de la commission des affaires scolaires, les maires des communes de la CDC, les enseignants de l'école Méningaud, la directrice de l'école maternelle des Castors et les représentants des parents d'élèves FCPE pour débattre de la situation.
 
Tout le monde est convié jeudi soir, 23 février, à partir de 18h, à la salle polyvalente de Condac. Rappelons que la nouvelle école Méningaud a été inaugurée en septembre dernier.
L'allemand en suspens
L'enseignement de l'allemand au collège Val-de-Charente de Ruffec est-il menacé? Des parents s'inquiètent que leurs enfants, qui ont commencé leur apprentissage, ne puissent le terminer. «Cette nouvelle nous surprend autant qu'elle nous choque dans le contexte actuel: l'Allemagne est un partenaire privilégié de la France, tant économique que culturel, et vous ne pouvez priver les enfants de Ruffec de l'atout que représente pour leur avenir et l'avenir de notre région la maîtrise de cette langue» écrit une famille dans un courrier adressé au principal avec copie aux élus et à la presse.
«Rien n'est décidé. Nous allons en parler aujourd'hui et demain [hier et ce mardi, NDLR] avec l'équipe pédagogique et c'est le comité technique de l'inspection académique qui tranchera», précise Erwan Dando, le principal en rappelant que sept collégiens bénéficient actuellement de l'enseignement de l'allemand au collège ruffécois.